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VERSAILLES
Le château de Versailles est essentiellement
l'oeuvre d'un jeune roi volontaire, Louis XIV, qui décide,
lors de son accession au trône, que la France doit
devenir le flambeau de l'Europe. Le projet Versailles naît
progressivement dans l'esprit du roi. A l'origine, Louis
XIV désire un endroit où s'abriter lors de
ses parties de chasse et où il pourra donner des
fêtes plus facilement qu'au Louvre, résidence
de la famille royale. Cependant, lorsque Nicolas Fouquet,
son surintendant des finances, l'invite au château
de Vaux le Vicomte, les événements se bousculent.
Les fêtes organisées par Fouquet en l'honneur
de son maître sont magnifiques. L'architecture du
bâtiment évoque la grandeur et l'opulence.
Le roi est admiratif du théâtre de Molière
et des jeux d'eau, mais très soupçonneux à
l'égard de l'immense fortune de son ministre qu'il
finira par faire arrêter en 1664. Jaloux de ce faste
qu'il n'a jamais pu déployer avec autant d'harmonie,
il décide de créer une demeure qui glorifiera
sa personne et la puissance de la France. Le siège
de cette grandeur ne peut en aucun cas être le Louvre,
vieille demeure ancestrale inconfortable nécessitant
d'énormes dépenses. En 1669, il arrête
son choix sur le petit pavillon de chasse de son père
à Versailles, où il a déja organisé
quelques fêtes et entamé des travaux de rénovation.
Commence alors une épopée qui durera plus
d'un demi-siècle : l'élévation du château
de Versailles. Pour ce chantier royal, Louis XIV fait appel
au trio responsable de la réussite de Vaux le Vicomte
: Louis Le Vau, l'architecte, André Le Nôtre,
créateur des jardins, et Charles Le Brun, maître
d'oeuvre de la décoration intérieure.
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LOUIS XIV (1638-1715)

Louis XIV a cinq ans lorsque son père, Louis XIII
meurt. Le conseil de régence est constitué
de Anne d'Autriche et de Mazarin. A l'âge de 23 ans,
le jeune Louis décide d'assumer seul la direction
du pays. Il ressent encore au plus profond de sa chair l'humiliation
causée par la Fronde (rebellion de la noblesse et
du peuple de Paris contre son père). Il veut consolider
l'autorité royale à laquelle Louis XIII, avait travaillé
et décide de faire de son règne "un grand
règne". Ainsi, dès son accession au pouvoir,
en 1654, l'ambition de Louis XIV est de montrer à ses voisins
que la France est une nation forte. Si Louis XIII a laissé
un royaume au budget déséquilibré du fait de la guerre de
30 ans, Louis XIV protège l'agriculture, le commerce, l'industrie,
réorganise l'armée donnant à la France de notables victoires.
Il décide de centraliser la production artistique
auprès de sa personne et de faire de l'art du XVIIème
siècle un art royal. De ce fait, il fait progresser
les différents corps de métiers et les centres de productions
d'arts. Sa rencontre avec Colbert est déterminante.
En effet, la pensée de Colbert va exactement dans
le sens de celle de son souverain. Colbert réorganise
l'Académie de Peinture, dont Charles Le Brun reçoit
la présidence, l'Académie des sciences (en
1666) et celle d'architecture en (1671).
Le modèle de Louis XIV et de Colbert est la Rome
antique, c'est pourquoi Rome est choisie comme centre d'étude.
Colbert y crée l'Académie de France. La politique
culturelle royale consiste à envoyer en Italie les
artistes français dans l'espoir qu'ils deviennent
meilleurs que les maîtres italiens. A Paris, Colbert
incite les artisans étrangers à s'établir
: drapiers de Flandres, verriers de Venise et ferblantiers
d'Allemagne. Il n'oubliera aucune discipline susceptible
de servir la propagande royale. Acquérir ces savoir
faire est indispensable au chantier de Versailles. En 1662,
Colbert crée la Manufacture Royale des Gobelins,
qui aboutit à la fusion des ateliers parisiens sous
une seule et même tutelle. Charles le Brun y dirige
les ateliers de cartons de tapisserie.
Dans un premier temps, Versailles n'est consacré
qu'à l'organisation de fêtes somptueuses. En
1664, la cour peut assister à la première,
dite des "Plaisirs de l'Ile Enchantée",
organisée à la fois pour laver l'affront fait
par Fouquet lors de la visite du Roi àVaux le Vicomte
mais aussi pour présenter la favorite du moment,
Melle
de La Vallière. Durant trois jours, en mai, la
cour s'amuse dans les nouveaux jardins créés
par Le Nôtre. En 1674, Louis XIV fête la reprise
de la Franche-Comté à l'occasion d'une fête
versaillaise qui cette fois dure six jours : Théâtre,
musique, jeux d'eaux et feux d'artifice animent les soirées.
Molière, Lully et Racine rivalisent de talent pour
plaire au Roi et à la cour. En 1682, Louis XIV décide
d'installer sa cour à Versailles car le château
est maintenant prêt à abriter la famille royale
et les courtisans sans crainte d'inconfort.
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ANDRÉ
LE NÔTRE (1613-1700)
Il fut le premier grand architecte du jardin dit "à la française".
La conception des jardins réguliers, pratiqués depuis les
années 1630 atteint son apogée avec Le Nôtre créateur du
Parc de Vaux le Vicomte : un système ouvert de chemins axiaux
dont le dessein est de rendre l'espace infini, divisé géométriquement
par des parterres de fleurs et de haies basses, des grands
bassins d'eaux, des canaux, des fontaines. Le jardin à la
française tel qu'il a été créé à Versailles par Le Nôtre
est à l'image des ambitions du roi. La mise en scène de
l'espace et les jeux de perspective créent un climat
de grandeur et de majesté propice à la mise
en valeur du château et contribuent à l'affirmation
de la puissance de la France sur les nations voisines. Ainsi,
selon Le Nôtre, la mise en valeur de la majesté et de l'identité
de Versailles passe d'abord par le dégagement de l'édifice,
la création d'une perspective centrale (Parterre
d'eau, Grand Canal), des axes perpendiculaires (Orangerie,
parterre du midi, parterre nord, bassin de Neptune) et des
allées parallèles ou diagonales réunies à leur jonction
par des "pattes d'oies". Autres éléments principaux de la
conception d'un jardin à la française, ce sont les bosquets
qui rivalisent avec les appartements du château auxquels
ils empruntent leurs attributions, (Salle de bal, Salle
des antiques) leurs grands cycles allégoriques (Char d'Apollon,
Bains d'Apollon, bassin de Laton). Jardins d'architectures
certes, mais d'abord jardins de fééries baroques.
Parmi ses très
nombreux projets pour des palais et des châteaux en France,
en Angleterre et en Italie, citons ceux de Vaux-le-Vicomte
(1655-1661), du château de Chantilly (1661-1683), la transformation
du jardin des Tuileries (dont il fut le jardinier aux côtés
de son père à partir de 1637) ; les parcs royaux anglais
de Whitehall...
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LOUIS
LE VAU (1612-1670)
Louis
Le Vau travaille à la cour de Louis XIV. En 1655, il est
nommé premier architecte, conseiller et secrétaire du roi.
Après la conception de Vaux le Vicomte, il est appelé
à Versailles en vue d'établir les premiers
plans de transformation du pavillon de chasse de Louis XIII.
Il est le seul à ne pas proposer la destruction du
pavillon à laquelle s'opposait Louis XIV par souci
de piété filiale. Le Vau enveloppe donc l'ancien
bâtiment dans un grand palais en forme de U. Côté
jardin, la façade se présente flanquée
de deux larges pavillons où les fenêtres de
l'étage noble font saillie dans un encadrement de
colonnes. L'édifice comporte trois étages,
une ballustrade cache habilement le toit et une terrasse
recouvre le rez-de chaussée. L'ensemble paraît
italien et ressemble énormément aux projets
soumis par Le Bernin (architecte sculpteur italien) pour
la transformation du Louvre quelques années plus
tôt. Le Vau associe son goût de la polychromie
(les ailes des communs) et des courbes (rampes d'entrée
semi-circulaires), la richesse de la décoration (cour
de marbre) pour développer une architecture d'apparât
et de décor qui rompt avec le style sobre de ses
précédentes productions.
Louis Le Vau se distingue également par son habileté
à développer des plans rationnels, pratiques, conçus dans
un objectif de confort. Il emploie pour l'aménagement
du nouveau château un système de cours intérieures
et apporte un soin tout particulier à la distribution
des appartements du roi. Alors que ce château est
principalement destiné à abriter des fêtes
grandioses, l'organisation des pièces intérieures
évoque déjà l'idée d'un séjour
prolongé.
Outre
ses chefs d'oeuvre que sont Versailles et Vaux le Vicomte,
on peut citer sa principale réalisation parisienne : Le
Collège des Quatre Nations, aujourd’hui Institut de France
où il développe des surfaces incurvées,
le sens du mouvement et des volumes.
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CHARLES
LE BRUN (1619-1690)
Premier
Peintre du roi, Charles le Brun est formé sous la direction
du peintre Simon Vouet, en France et à Rome, suivant les exemples
de Poussin et de la tradition italienne .
Protégé par Richelieu (en 1641, il collabora à la décoration
picturale de son palais Cardinal) puis par Colbert, il devint
en quelques années le principal interprète du faste et du prestige
politique et artistique de la France de Louis XIV. Il se partage
entre ses activités de Premier Peintre du Roi, de théoricien
de l'art classique français, de Président de l'Académie
de Peinture et de la Manufacture des Gobelins.
Entre 1650 et 1660, il atteint sa maturité stylistique avec
une peinture d'inspiration classique qui connait son apogée
dans une série de cycles décoratifs dont ceux de Vaux le Vicomte,
de Versailles et de l'Hôtel Lambert à Paris. Son
style s'identifie au grand style Louis XIV. La maîtrise et l'ampleur
de la composition, le sens de l'allégorie, le goût de l'opulence
et des formes robustes en font l'interprète magistral des désirs
du roi.
A Versailles, tous les ornements et les attributs s'unissent
en un programme iconographique homogène qui régit
l'ordonnance des sept salons dédiés aux planètes
et au culte de l'Apollon royal. La commande de sculptures de
1674 reprend les thèmes mythologiques et cosmiques familiers
aux cours italiennes dont l'Iconologia - ouvrage de Cesare
Ripa - avait enseigné toutes les ressources : les quatre
éléments, les quatre saisons, les quatre heures
du jour, les quatre parties du monde, les quatre tempéraments
de l'homme avaient déjà figuré dans les
fêtes des "Plaisirs de l'Ile Enchantée".
La sculpture de Versailles présente des figures dont
on peut remarquer la noblesse des attitudes, la grâce
des mouvements, l'expression calme des visages, la sérénité,
autant d'éléments qui éloignent réellement
la production française de l'art italien.
Sous les ordres de Le Brun, travaillent de nombreuses équipes
attelées à la peinture, à la sculpture ornementale, à la statuaire,
à la ciselure et à la dorure.
Versailles lui doit son harmonie grandiose dont il a fixé, par
ses dessins, jusqu'au moindre détail, des plafonds au mobilier,
des chandeliers aux tapisseries.
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JULES
HARDOUIN-MANSART (1646-1708)
Il
fut l'architecte favori de Louis XIV qui le nomma architecte
royal en 1675. Il se révéla être le meilleur interprète de
la politique culturelle qui visait la glorification du roi
autocrate.
A partir de 1679, il donne à Versailles son aspect
définitif, tel que nous le connaissons encore aujourd'hui.
Jules Hardouin-Mansart choisit de conserver le château
neuf, construit par Le Vau, le considérant comme le
motif principal et central de l'ensemble. Il élargit
les terrasses vers le nord et le midi, et y construit de longues
ailes qui donneront au palais son ampleur et son horizontalité.
Il fait redescendre vers l'Orangerie le magnifique escalier
dit de Cent marches. Les deux pavillons de la façade
se réunissent, reliés par la Galerie de Glaces
qui remplace la terrasse sur jardin de Le Vau. Le Brun peint
sur les voûtes de celle-ci de larges compositions en
l'honneur des victoires royales.
La maîtrise des volumes et de l'espace triomphe avec
l'érection par la suite du Grand Commun (1682), de
l'Orangerie (1683-1686), des Ecuries (1679-1686) et de Marly
(1696-1699). Avec le Grand Trianon (à partir de 1687)
l'architecte donne une version épurée de l'édifice
à simple rez-de-chaussée, dont la structure
transparente (le péristyle) et la légèreté
annoncent le goût du XVIIIème siècle.
On doit à Jules Hardouin-Mansart, outre la totale transformation
de Versailles, le Dôme des Invalides, qui constitue l'exemple
le plus convaincant du classicisme français monumental et commémoratif.
Dans la continuité de ce style, naissent les larges places
royales parisiennes : place des Victoires 1685-86, place Vendôme
1686-1700 destinées à accueillir une statut du
roi sur l'axe médian. Ces places sont le prototype d'une
série de grands espaces urbains qui furent diffusés
dans toute l'Europe.
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Fort du tempéramment novateur de ses créateurs, Versailles
fut et est toujours considéré comme une merveille.
Les successeurs de Louis XIV agrémenteront, chacun à
leur tour, le château de points de détails propres à
leur époque. Mais d'une manière générale,
exceptée la chapelle terminée par Ange Gabriel sous
Louis XV, l'architecture de Versailles ne sera plus modifiée
après le règne de Louis XIV.
Après la Révolution, le château devient le symboles
des erreurs de la monarchie et n'est destiné, à défaut
d'être démoli, qu'au statut de musée.
Depuis la signature, en ce lieu, du traité de Versailles, en
1919, le château a regagné son prestige auprès
des populations du monde entier et finalement Louis XIV gagne le pari
qu'il s'était fixé, la France devint un modèle
artistique et Versailles est souvent copié.
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